ENFANTS et THT

Une enfant victime de la ligne 400 000 volts

Lassé  des graves problèmes générés par une ligne THT, Gilles Hébert,  agriculteur à Planquery, a décidé de réagir fermement.

 

Agriculteur  à Planquery, dans le Calvados, non loin de Bayeux, Gilles Hébert maudit la  ligne à très haute tension de 400 000 volts qui passe à 150 mètres de sa  maison, également siège de son exploitation.

« Des  problèmes sanitaires inexpliqués »
En  juin 2002, sa femme Lydie donne naissance à leur fille Manon, qu'elle a  attendue en vivant en permanence dans cette maison, sous la ligne. Rapidement, la  fillette est victime de convulsions. « Jusqu'en 2009, elle a dû suivre  un traitement », précise sa mère, « et elle a été hospitalisée  à plusieurs reprises. Depuis, elle souffre de problèmes touchant l'hémisphère  droit du cerveau et elle connaît aussi de graves problèmes pulmonaires. » Aux  yeux de ses parents, ce véritable calvaire est presque certainement en rapport  avec la proximité de la ligne THT. D'autant plus que ce voisinage indésirable,  qui remonte à 1980, a aussi affecté très sérieusement l'exploitation. « A l'époque  de la construction de la ligne, mon beau-père s'était élevé contre son passage  à proximité de l'exploitation, pressentant les dangers que cela représenterait,  mais il n'a pas été entendu. » La suite devait confirmer ses craintes.

« Notre ferme est située dans une cuvette, et lorsqu'il y a  un orage, elle est presque systématiquement victime de la foudre. Pour nous, la  raison est que les champs électromagnétiques générés par la ligne THT  retiennent l'orage sur place. » Un phénomène lourd de conséquences  : matériels électriques et ordinateur hors d'usage, tout comme les appareils  électroménagers, des veaux électrocutés... « Même quand nous coupons le  courant, il y a encore de l'électricité dans les clôtures ! »

Eleveur exemplaire
    Ce n'est pas tout. A cause des courants vagabonds issus de la ligne  THT, sur les 70 vaches de leur troupeau, les problèmes de mammites, des  infections qui touchent les pis des vaches, sont plus fréquents qu'ailleurs,  d'où un manque à gagner évident en terme de production de lait. Pour ne rien arranger,  Gilles Hébert déplore la perte de 30 à 40 veaux par an, tandis que son troupeau  est anormalement maigre. « L'exploitation, en particulier la salle de  traite, a été entièrement mise aux normes en 2002. Cela n'a rien changé »,  se désole Lydie Hébert.
« A la suite des dommages que nous avons subis, EDF puis RTE  sont venus sur place à quatre reprises. A chaque fois, on nous a assurés avec de  belles paroles que la ligne THT était hors de cause. » Pourtant,  il n'était pas possible de douter des compétences professionnelles de Gilles Hébert,  considéré comme un excellent éleveur menant parfaitement bien son troupeau. « D'ailleurs »,  souligne Lydie Hébert, « notre vétérinaire a reconnu qu'il avait  affaire à des problèmes sanitaires inexpliqués ». Elle ajoute : « Nous  avons toujours fait de notre mieux pour remédier à ces problèmes. Nous avons  perdu énormément d'argent. Alors, nous avons décidé d'attaquer RTE en justice pour  obtenir une juste réparation financière. Quant à notre fille, nous avons  demandé de la même façon une expertise pour établir si la proximité de la ligne  THT est à l'origine de ses problèmes de santé. » Une démarche  entreprise avec d'autant moins d'hésitation qu'au printemps dernier, RTE, venu sur  place, leur a proposé de signer un contrat en vue de faire un diagnostic de  l'exploitation. « Mais nous avons refusé car nous devions nous engager  à ne pas en faire état et à ne pas demander d'argent ! »

Fabrice Constensoux

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« Des pressions de RTE »

Gilles Hébert,
          agriculteur à Planquery.

 

REPERES

Tourbes
    La ligne à très haute tension de 400 000 volts qui passe à  proximité de l'exploitation de Gilles Hébert à Planquery part de la centrale de  Flamanville et va en direction de Caen avant de se terminer à Tourbes, dans le  département de l'Hérault.

Courants
    L'existence de courants vagabonds a été vérifiée dans les bâtiments  d'exploitation de Gilles Hébert, dont la salle de traite. Son compteur électrique  coupé, des courants de fréquence 50 hertz, qui est celle d'EDF, ont été relevés  dans ces bâtiments.

Maisons
    Dans le cas de la future ligne THT Cotentin-Maine, les maisons se  trouvant dans une bande de 100 mètres de part et d'autre de cet ouvrage ont été  acquises par RTE, qui les revendra. Leurs propriétaires n'ont pas voulu prendre  de risques pour leur santé.

 

 

Date de dernière mise à jour : 11/10/2011

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