Saint-Martin-d'Aubigny : des chênes centenaires menacés par la Très haute tension

Saint-Martin-d'Aubigny : des chênes centenaires menacés par la Très haute tension

« Ce chêne-là, il a au moins 150 ans, aucune guerre ne l'a abattu,  et bien pour passer la ligne à très haute tension (THT), ils vont le faire  tomber avec les deux autres qui sont dans le même champ. » Jean-Pierre  Martin, agriculteur, est indigné. La THT, il y est habitué : l'ancienne ligne  passe à 300 m de son exploitation. Cette fois, le tracé de la nouvelle va  passer à 130 m de son hangar et à 150 mchene-01-2.jpg de sa maison d'habitation. Outre la  mise en danger potentielle de sa famille et de son cheptel, il va voir  l'abattage de ces arbres magnifiques dont un chêne de 3,80 m de circonférence.
    Au milieu du champ, Jean-Pierre montre qu'il serait possible de dévier le  tracé de la THT et de préserver ainsi le patrimoine boisé de son exploitation.  Il le fait sans arrière-pensée : « La parcelle où la THT pourrait  passer sans avoir à détruire ces trois chênes m'appartient aussi. »

« Il a signé l'accord »
Jean-Pierre Martin a fait part de sa requête à Laurent Prantou, chargé de  concertation à Réseau de transport électricité (RTE). Pour lui, il sera  difficile d'y répondre favorablement : « Ce n'est qu'après de  nombreuses réunions avec les riverains de la ligne que nous avons décidé de son  tracé. À cet endroit nous avions de nombreuses contraintes avec le centre de  rééducation cardio-vasculaire, la base de loisirs et les maisons existantes.  Lorsque nous avons soumis le plan de détail à M. Martin, il a signé l'accord  amiable que nous lui avions proposé et qui inclut l'abattage des arbres ».
Cet accord date de l'été 2011. Depuis Jean-Pierre a changé d'avis et la  perte de ses arbres lui est devenue insupportable. Mais ça va très vite. RTE a  obtenu le permis de construire à la fin du mois de novembre, les travaux sont  imminents. Un collectif se constitue pour tenter d'imposer à RTE la déviation  de la ligne qui sauverait les arbres, « mais j'ai peur que ce soit le  pot de fer contre le pot de terre » s'inquiète Joëlle Herpoux, membre  de ce collectif « et pourtant c'est tout un patrimoine commun que nous  voulons préserver ».

Ouest-France, le 17/12/2011

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