Pique-nique chez RTE

Pique-nique chez RTE

Samedi 5 novembre  2011 

Le rendez-vous  était fixé à Cerisy-la-Salle, à 11 h.
   cerisy-03-2.jpg Nous réussissons  à nous glisser sur le parking central, occupé déjà par les quelques stands du  marché hebdomadaire. Roger est déjà sur place, ainsi que deux voitures de la  gendarmerie. Le long du trajet, nous en avions déjà aperçu quelques-unes… « Il  va y avoir plus de gendarmes que de manifestants » fut notre réflexion  commune ! Ce sont des as de la « COM » ces gendarmes ; ils  viennent nous serrer la main, l’air de dire « Nous sommes des copains ».  Petit à petit, on sent qu’ils sont embêtés de ne pas connaître le lieu exact de  notre pique-nique ; c’était notre but de les mettre dans l’embarras – il serait  bon de continuer dans ce sens. En gros, leur discours correspond à ceci : «   Si vous restez calmes, nous ne vous ennuierons pas ». Comment comprendre  cela ? Ont-ils peur qu’il y ait des débordements ? Obtiennent-ils de  meilleures notes de leur hiérarchie quand ils peuvent écrire « RAS »  sur leur rapport ?
    Le nombre de  militants augmente petit à petit, une journaliste d’Ouest-France (rédaction de  Saint-Lô) commence ses interviews. FR3 Caen (un caméraman et une journaliste)  est présent également.
    Un premier groupe,  dirigé par Tikiri, part sur le lieu du pique-nique ; puis le reste de la  troupe, voiture de Roger en tête, prend la direction du Pont-Brocard. Sur  place, nous pouvons évaluer à quatre-vingt (combien selon la police ???) le  nombre de militants. A qui cerisy-02-1.jpgappartient la maison autour de laquelle nous  établissons nos quartiers ? A RTE !!! Oui, les anciens propriétaires,  qui se seraient trouvés dans la bande des 100 mètres de part et d’autre de la  future (et néanmoins « hypothétique ») ligne THT Cotentin-Maine, ont  accepté la proposition de rachat par RTE. Du coup, le titre « Apéro  pique-nique chez RTE » prend tout son sens.
    Nous sommes ravis  de noter la présence de Didier Anger et de son épouse, de Jean-Claude Bossard  (maire du Chefresne), d’un adjoint au maire de Heussé, de deux représentants de  RTE et de deux agents de la DCRI (Direction centrale du  renseignement intérieur), ex RG. Sans oublier un huissier… car nous  occupons illégalement une propriété de RTE. On nous demande donc de quitter les  lieux, ce à quoi certains répondent que RTE, lui, ne se gêne pas pour aller  sans autorisation sur des terrains privés.
    La surveillance  policière ne faiblit pas ; un hélicoptère survole les lieux et nous  empêche d’écouter correctement les intervenants ; deux motards en « tout  terrain » font des allers-retours. Il paraîtrait qu’un sous-marin (de  poche !) est immergé dans une mare proche. En ces temps difficiles financièrement,  on peut cerisy-04-1.jpgconstater que la crise n’atteint pas tout le monde. Le gouvernement a  des priorités : l’ordre d’abord, le bien-être des personnes plus tard (ou  jamais !). C’est un mauvais calcul car quiconque se sent respecté n’éprouve  pas le besoin de manifester ! Mais ce n’est pas la première fois que, en  haut lieu, on raisonne à l’envers.
    Après l’intervention  de Pascal, couverte de temps en temps par le bruit du rotor, le repas peut  commencer. Personne ne restera sur sa faim, plusieurs participants ayant  préparé largement la pitance. Grillades (sur le barbecue de RTE, s’il vous  plaît !), pommes, noix, chips, rosé, rien ne manque. La maréchaussée nous  signale qu’il pourrait y avoir des contrôles d’alcoolémie à la sortie.
    Au dessert,  Tikiri nous rappelle qu’il se passe toujours des événements inquiétants au  Niger (mines d’uranium) et à Fukushima ; que, les 22, 23 et 24 novembre  prochains, à Valognes, se tiendra un camp pendant lequel toutes les  associations concernées par cerisy-05-2.jpgle nucléaire et la THT pourront échanger (voir ici).    Un film sur la lutte anti-THT en Catalogne (« La THT : Où nous mène le progrès ? ») devait être présenté. Mais, malgré les efforts des uns, les conseils des autres, pas moyen de démarrer le groupe électrogène ! Sabotage (prendre l’accent allemand de 1939-1945 !) ! C’est une situation ubuesque : nous sommes à moins de 100 mètres d’une ligne THT (celle créée en 1983) surchargée d’Ampères et pas moyen de disposer de quelques Watts pour faire fonctionner le vidéo-projecteur. Cela nous donnera l’occasion de nous revoir pendant l’hiver, dans une salle bien chauffée à l’électricité d’origine nucléaire ! 

C’est l’heure de  remballer. Il faut, comme dans les WC, laisser le lieu aussi propre qu’en  arrivant. Depuis que nous manifestons, nous avons su conserver une bonne  réputation. Mais, hélas, à force de ne pas être entendus, il se pourrait que  nous soyons obligés de franchir la ligne blanche…
Avant d’arriver à  la voiture, une gendarme m’adresse la parole. Apparemment, il n’a pas été  content que je le photographie. Il me parle du « droit à l’image ».  Moi, je n’ai rien contre lui, personnellement. Il faut bien qu’il gagne sa vie.  La gagner en surveillant sans arrêt les écarts de ses compatriotes est un  choix. Moi, j’ai préféré la gagner, non pas en réprimant mais en éduquant ;  c’est plus enrichissant, à mon goût. Jecerisy-01.jpg sais très bien qu’il existe une loi sur  le droit à l’image mais, en publiant sa photo, sans son nom, sans son adresse,  qui va aller le retrouver pour l’agresser ? Je le trouve un peu parano !  Il devrait porter une cagoule la prochaine fois qu’il effectuera une  intervention publique… Ce même gendarme, décidément très vigilant, interpelle  un automobiliste près de sa voiture ; apparemment, il y a un souci avec l’attestation  d’assurance. Je pense que, quitte à être mobilisé un samedi après-midi, il  voulait que ce ne soit pas pour rien. En gros, c’est : « Vous m’empêchez  d’être tranquille à la maison ; je vous rends la pareille ».
Pour conclure, je  dois avouer que je suis très satisfait de ce pique-nique car nous avons vu des  personnes qui n’étaient pas là habituellement. Alors, à condition que les  manifestants de la première heure restent mobilisés, nos rangs vont grossir. Le  froid qui arrive ne doit pas rafraîchir notre motivation à lutter contre ce  projet mené aux forceps par la puissant RTE qui, néanmoins, tremble sur ses nombreuses  jambes que constituent les pylônes, ces monstres fragiles, à la portée de la  première clé (à pipe, anglaise ou plate !) venue…

Stéphane et Géraldine, représentant l'association des riverains des lignes THT, prennent également la parole ; ils nous réaffirment que la lutte continue, que la demande d'étude épidémiologique est toujours à l'ordre du jour et que leur mouvement prend un tournant national. De plus, les riverains de la ligne actuelle, dont beaucoup habitent à moins de 100 mètres des fils, sont fortement conviés à rejoindre l'association, eux qui n'ont pas pu bénéficier à l'époque de l'aide des
associations de défense

Diaporama du pique-nique

Michel ROUSSEL,  le 5/11/2011

Date de dernière mise à jour : 06/11/2011

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